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Partons à la découverte du monde des abeilles avec Yves Marquis, un passionné par la nature qui nous entoure. Dans les années 1980, il débute dans l'apiculture en récupérant un essaim vagabond qui était venu se poser sur le tilleul devant sa porte d'entrée, et "tombe dans le pot de miel", précise-t'il avec un grand éclat de rire. Aujourd'hui, son cheptel s'est étoffé. Mais l'insecte ne cesse de l'émerveiller. Les abeilles travaillent sans relâche. Toujours fasciné, l'apiculteur amateur nous fait volontiers découvrir cet animal si complexe.
Si je reprends la définition du dictionnaire Larousse, c'est "l'élevage des abeilles pour leur miel", un miel qui fut pendant très longtemps, considéré comme une substance ou un aliment d'essence divine.
L'abeille est un être exceptionnel. Elle vit avec l'homme depuis qu'il est sur terre. Elle fabrique du miel, un produit qu'elle partage avec l'homme. L'abeille est un maillon incontournable dans notre environnement. Grâce à son action de pollinisation, elle aide à transmettre la vie. C'est par exemple grâce à elle que l'on a des fruits ou que les végétaux peuvent se reproduire.
Mais l'abeille est un insecte fragile. Elle est très sensible à notre environnement et j'insiste même pour dire qu'elle en est la gardienne. Aujourd'hui et depuis quelques dizaines d'années, dans notre monde moderne, presque tout tourne autour de l'industrie et de la chimie. On prend seulement conscience de tout le mal qu'on a fait et de ce qui sera encore détruit à cause des trop nombreux produits chimiques destructeurs qui sont encore utilisés. Le nombre d'abeilles est en forte diminution. J'ai peur que la surmortalité des abeilles et toutes les attaques dont elle fait l'objet soient des signes avant-coureurs d'une vraie catastrophe naturelle. J'espère qu'il n'est pas trop tard et surtout, j'espère me tromper. Il faut absolument qu'on se batte par tous les moyens pour sauvegarder ce qu'il reste de notre population d'abeilles.
Les abeilles se réveillent au printemps, dès les premiers beaux jours. Elles accomplissent alors leur vol "de purification". C'est un vol qui permet d'évacuer tous les excréments qu'elles ont accumulés dans leur rectum pendant l'hiver. Les abeilles ouvrières ne déposent jamais leurs excréments à l'intérieur de la ruche.
C'est le moment de la reprise du travail, la Reine pond beaucoup, les abeilles récoltent le nectar et le pollen, et si les conditions sont bonnes, elles préparent la naissance d'une nouvelle Reine si le besoin s'en fait sentir. La Reine-mère s'en va alors vers une nouvelle demeure avec une partie de la colonie.
Dans la ruche, les abeilles restantes préparent la naissance de leur nouvelle Reine. Ce sont les abeilles qui choisissent leur Reine et non le contraire. La première nouvelle Reine née détruira ses consœurs, et après quelques jours de vie partira pour son vol nuptial. Elle reviendra pondre pour assurer la pérennité de la colonie. Les mâles sont là juste pour féconder les Reines et ventiler la ruche si besoin en cas de fortes chaleurs. Dans la ruche, il n'y a pas de bouches inutiles à nourrir. La Reine régule sa ponte en fonction de la saison et de la rentrée des nectars.
Il faut beaucoup d'abeilles pour une récolte maximale au moment de la floraison et aussi beaucoup d'abeilles en pleine santé pour assurer la survie de la colonie en hiver. Les dernières récoltes de nectar arrivent avec l'automne. Les mâles sont tous éliminés car ils deviennent inutiles pour l'hiver, et la ruche se prépare pour la saison de repos hivernal.
L'abeille est un insecte à métamorphose complète. Pour se développer, l'abeille va passer par toute une série de phases : l'œuf, la larve, la nymphe et l'adulte pour terminer.
La Reine, qui ne sort qu'une seule fois pour son vol nuptial, sera fécondée par plusieurs mâles. Fécondée pour la vie, elle ne ressortira pas de la ruche, si ce n'est pour créer un nouvel essaim si le besoin s'en fait sentir. Elle pond un œuf par cellule dans des alvéoles fabriquées avec de la cire. Du 1er mai au 15 juin, elle peut pondre jusqu'à 2500 à 3000 œufs par jour, soit plus que son poids ! Elle commence à pondre au centre du rayon et suit un mouvement circulaire du centre vers la périphérie.
Quand un rayon est plein, elle passe à un autre. C'est la Reine qui féconde son œuf lors de la ponte. Si elle lâche du sperme au moment de la ponte, l'œuf sera fécondé et donnera naissance à une ouvrière ; s'il n'y a pas de sperme, l'œuf ne sera pas fécondé et donnera naissance à un mâle.
Tous les œufs pondus sont d'abord bichonnés par les jeunes abeilles nourrices de la ruche. Au bout de 3 jours, les œufs éclosent et deviennent des larves. Celles qui deviendront des abeilles ouvrières ou des mâles sont nourries avec du miel, du pollen et un peu de gelée royale ; et celles qui deviendront des Reines auront uniquement de la gelée royale. Au bout du 9ème jour, les larves cessent d'être nourries. Les cellules sont operculées par des abeilles cirières et les larves se transforment en nymphes.
La durée de développement est différente selon l'abeille. Il faut 21 jours à une ouvrière pour devenir adulte. Après ces 21 jours de vie, ce sera la première sortie de la ruche. Si c'est une abeille de printemps ou d'été, elle vivra encore environ 21 jours avant de disparaître dans la nature. Si c'est une abeille d'automne, elle vivra pendant 5 mois pour assurer la pérennité de la ruche. La Reine n'a besoin que de 16 jours pour devenir adulte et elle peut vivre plusieurs années. Le mâle a besoin de 24 jours et il faut rajouter 15 à 20 jours pour qu'il soit mature sexuellement. Il vit environ 45 à 50 jours. Son rôle est de ventiler la ruche et de féconder les Reines. Si les abeilles les jugent inutiles ou trop gênants, elles les éliminent.
Elles ont des occupations aussi diverses que variées. Elles doivent amener à manger, organiser la maisonnée, entretenir les larves, bâtir, monter la garde, transporter l'eau, nettoyer, etc. Pendant les 21 premiers jours de sa vie, l'abeille ouvrière travaille dans la ruche et son occupation sera différente selon son âge. Elle pourra être nourrice, nettoyeuse, dame d'honneur de la Reine, ventileuse, cirière, magasinière ou sentinelle. Après seulement, elle peut partir faire des récoltes de nectar, de pollen ou de propolis. Elle est alors devenue butineuse pour trois semaines environ. Après, c'est la mort suite à l'épuisement au travail.
Après avoir assuré un bon hivernage aux ruches, les abeilles redémarrent leur activité avec le printemps, dès le mois de mars si la météo est clémente. L'abeille n'attend jamais, c'est une "machine", qui, une fois en route, ne s'arrête plus. Dans notre région, la première récolte se fera avec le miel de printemps, puis ce sera celui d'acacia.
Je transporte mes ruches pour plusieurs raisons. Je cherche à produire des miels typés, mono floraux et je cherche de grandes surfaces mellifères. Pas facile à trouver ! L'emplacement idéel est un lieu où il n'y a pas une trop grande concentration de ruches et pas trop de cultures non mellifères. De toute façon, pour produire, il faut des ruches très populeuses au moment opportun, entre 60 000 et 80 000 abeilles par ruche.
Le miel est un produit noble. Si l'on veut une grande qualité, il doit être récolté dans les règles de l'art. En premier lieu, il doit être mature, c'est à dire à 15 ou 16% d'humidité. Pas plus, sinon il fermentera. Ensuite, une grande hygiène s'impose sur toute la chaine, de la ruche au pot pour le consommateur.
Il faut s'assurer de laisser une grande quantité de miel à nos abeillespour pouvoir passer un bon hivernage. Une ruche a besoin de 15 à 22 kg de miel pour arriver en forme au printemps. Il faut aussi assurer un bon repos, une surveillance visuelle accrue des emplacements. Dès le début d'octobre, les abeilles ne doivent plus être dérangées.
Elles sont diverses :
Beaucoup de ruches disparaissent chaque année. Les abeilles sont victimes de maladies, du varroa et d'intoxications diverses.
Après ma famille, tout tourne autour des abeilles. Ce sont mes maîtresses ! C'est une passion dévorante, et chaque jour, je découvre quelque chose de nouveau !
Je suis l'un des formateurs bénévoles au "rucher-école" de Servas. Je participe aussi à des actions pour faire connaître le rôle important des abeilles, faire connaître les différents types de produits qu'elles fabriquent, ce qu'on peut faire avec. Cette année, avec le Syndicat Apicole de l'Ain, j'ai participé au salon de la gastronomie à Bourg, à la "semaine de la science" à Alimentec, à la journée "Abeilles, sentinelles de l'environnement" à la Ferme des Planons ou encore au Tour de l'Ain cycliste. Pour la fête du "Beaujolais Nouveau", je suis allé faire découvrir ou mieux connaître le monde des abeilles dans la région de Pouilly-le-Monial. J'ai aussi animé des journées "découverte" dans d'autres lieux. Début 2012, tout comme il y a quelques années, je vais aller intervenir dans les écoles privées de Marboz pour des journées avec les enfants. C'est là que se trouve la source de l'attention, le début de la prise de conscience.
Je participe activement à toutes les activités du "Syndicat Apicole de l'Ain". La section de Bourg a financé la mise en place d'un rucher d'élevage de Reines à la "Maison des Pays en Bresse" à Saint-Etienne-du-Bois. On met toute notre énergie pour faire découvrir l'apiculture, expliquer encore et encore pourquoi les abeilles sont des insectes si importants, maintenir et surtout développer l'apiculture dans notre région et partout où c'est possible.
Je veux surtout divulguer cette passion et la transmettre ! Mon souhait est de former le maximum de jeunes et de moins jeunes à l'apiculture, mais aussi inciter les gens à venir voir. Comment ça marche ? Qu'est-ce qu'on fait ? Pourquoi ? Faire de la découverte sur place ou au rucher, à ceux qui le désirent.
Je me battrai tant que je pourrai pour que chacun comprenne la responsabilité qu'on a tous pour protéger et assurer notre survie pour les années à venir. Il faut bien se mettre dans la tête que s'il n'y a plus d'abeilles, nous, on ne peut plus survivre !
Je fais naître quelques reines, j'aimerais bien en faire l'élevage et produire des essaims.
C'est encore à l'étude, mais j'ai aussi en projet de créer une forme de parrainage sur des ruches.
Pour 2012, juste un petit coup de pouce pour le Lycée des Sardières à Bourg pour le démarrage d'une initiation à l'apiculture, et quelques séances de soutien à mes amis de Chevillard (près de Nantua) pour leur rucher d'élevage de Reines.
Je suis encore loin d'être au bout de tout ce que j'ai envie de faire !
Ma plus belle récompense, c'est de voir mes élèves être capables de mener seuls des ruches, de savoir qu'ils arrivent à produire du miel, de les voir de plus en plus nombreux et de pouvoir initier de plus en plus de personnes à l'apiculture.
Cette année, quatre élèves au rucher-école de Servas ont participé au concours départemental des miels. Trois ont été primés : une médaille d'Or et une de Bronze pour des miels "d'acacia", une médaille d'Argent pour un miel de "montagne clair" et la quatrième personne a obtenu une très belle 4ème place ; ça, ça fait vraiment plaisir !
J'ai une grande satisfaction quand j'arrive à produire tous les produits de la ruche, c'est vraiment une grande richesse ! '
A titre personnel, j'ai reçu quelques récompenses pour mes différents miels au concours départemental. En 2009, j'ai reçu la médaille d'Argent pour un miel de "montagne clair" et la médaille de Bronze pour un miel "plaine clair". En 2010, la médaille d'Or pour un miel "de montagne" et en 2011, la médaille d'Or pour un miel "de sapin" et la médaille d'Argent pour un miel "de châtaigner".
Pour pouvoir participer au concours, le miel doit être produit dans le département de l'Ain. Les critères de sélection sont nombreux et rigoureux : une analyse chimique pour connaître le taux d'humidité, de sucre, la pureté du miel et les diverses substances qu'il peut éventuellement contenir ; l'aspect visuel, tactile, organoleptique ou encore l'odeur. Un jury est constitué de personnes ayant suivi un stage d'initiation à la dégustation des miels.
La rigueur du travail apporte la qualité !
L'apiculture est vraiment passionnante, c'est un monde merveilleux ! Je suis ouvert à tous ceux qui désirent se lancer dans cette passion ! Et surtout, rappelons-nous : SANS ABEILLES, il n'y a PLUS DE VIE SUR TERRE !
Tous les miels sont excellents si la récolte est faite dans les règles de l'art. Personnellement, j'aime bien les miels typés, tels le sapin ou le châtaignier.
(Sources Union Nationale des Apiculteurs de France)
Le syndicat est ouvert à tous les apiculteurs. Il apporte une aide dans la démarche apicole, pour la sauvegarde des abeilles ou encore pour la promotion du miel à travers de très nombreuses actions d'informations destinées à tous les publics (salon de la gastronomie, fête de la Science, tour de l'Ain, ...), de formation (rucher-école de Servas, rucher d'élevage de reines à Saint-Etienne-du-Bois, ...), de promotion du miel (concours départemental, ....).
Vous avez un essaim vagabond qui arrive dans votre cour, dans votre grange ou dans votre jardin, ne le détruisez pas. Appelez un apiculteur ou tapez "SOS Essaim" sur internet. L'enlèvement de l'essaim est gratuit.
Pour tous renseignements, découverte de l'activité apicole ou encore achat de miel, contacter Yves Marquis au 04 74 51 08 25, au 06 87 10 09 59 ou marquisyves2@orange.fr.