La Bataille de Moulin des Ponts
La bataille de Moulin-des-Ponts : premier combat d'envergure pour le Premier Bataillon FTPF de l'Ain.
Lors de leur assemblée générale, une délégation du Premier Bataillon des Francs Tireurs Partisans Français, accompagnée de Aimé Girard, maire, de représentants d'anciens combattants et de quelques villemontois, est venue fleurir le monument de Moulin-des-Ponts... Et se souvenir, 65 ans après, de cette terrible journée du 14 juin 1944.
Un peu d'Histoire :
Dès l'annonce du débarquement allié, ordre est donné aux "hommes de l'ombre" de freiner la remontée des soldats du III° Reich.
Les troupes allemandes réquisitionnent des civils pour remettre en état routes et voies ferrées. L'ennemi approche de Saint-Etienne-du-Bois.
Les résistants savent que les nazis n'ont plus que quelques kilomètres à faire. 450 hommes, soit quatre compagnies, stationnent autour de Moulin-des-Ponts. Une stratégie d'attaque des troupes
ennemies est mise en place. Le 13 juin, les sentinelles sont placées.
Le lendemain, au petit jour, les maquisards partent vers le lieu choisi pour l'embuscade. L'ennemi est attendu par la route. L'ordre est "laisser entrer les boches et ne plus les laisser ressortir. Concentrer le feu sur les passages et les ponts". La matinée passe...
Treize heures, un train blindé arrive en gare. Très mauvaise surprise. Personne ne l'attendait.
Les Allemands tirent. Riposte des maquisards qui, pour certains, sont en poste sur la descente de Moulin-des-Ponts. Quelque soit le sens où les Allemands veulent attaquer ou se mettre en position, ils sont pris à revers par un feu nourri. L'ennemi a d'énormes difficultés à repérer les FTPF. Des secours allemands arrivent par la route (autos blindées munies de mitrailleuses lourdes) et par voie ferrée (train aux wagons de bois). Le combat est engagé depuis plus d'une heure.
A l'est de la gare, un détachement de l'Armée Rouge vient prêter main-forte aux maquisards qui tirent toujours. L'effectif allemand est de 1000 hommes formidablement armés. La bataille fait rage depuis plus de deux heures trente. Cinq soldats nazis s'emparent de René Pommateau, cafetier à Moulin-des-Ponts, le frappent à coups de crosse et l'abattent. Ce même jour, Léon Bouilloux, charpentier au Carouge, est également tué. Cinq maisons sont incendiées.
Du côté des maquisards, le stock de munitions s'amenuise. L'ordre de repli est donné. Chacun, isolé ou en groupe, repart vers la montagne pour continuer la lutte contre l'occupant nazi.
Lors de cette bataille, les maquisards déploreront trois blessés légers et quatre décès : André Passet, Bernard Basset, Lucien Larcher et Yvan Tchernov (soldat de l'Armée Rouge) . Le soir, un officier allemand qui passe par Coligny déclare : "Nous vengerons nos cent Kamaraden de Moulin-des-Ponts".
19 août 1944, vers 8 heures, nouvel accrochage à Moulin-des-Ponts entre la Résistance et les soldats allemands cantonnés à la gare. Les Allemands abattent Louis Coste, de Lyon, qui passait sur la route nationale. Aux yeux de l'occupant, ce simple voyageur était devenu un terroriste.