Georges Gavand, ancien résistant, récompensé par le « Diplôme d'Honneur aux Combattants de l'Armée Française », le 11 novembre
1940 : année de la débâcle dans notre pays, mais aussi année de l'Appel du Général de Gaulle le 18 juin, année de la naissance de la France libre et des premiers pas de la Résistance.
A la demande de Nicolas Sarkozy, Président de la République, le Secrétaire d'Etat à la Défense et aux Anciens Combattants, Hubert Falco a construit, pour 2010, un programme commémoratif qui, parallèlement à diverses productions muséographiques et culturelles, honore l'ensemble des anciens combattants de la Seconde Guerre Mondiale, quels que soient leurs origines, leur lieu de résidence et les unités au sein desquelles ils ont combattu.
A l'occasion de la cérémonie du Souvenir du 11 novembre, Aimé Girard, maire, en présence de Jean Bernadac, conseiller général et de très nombreux villemontois, a remis le "Diplôme d'Honneur aux Combattants de l'Armée Française" à Georges Gavand, ancien résistant.
Georges Gavand, lors d'une interview, se souvient : "Je faisais partie des FTP avec André Fillod comme chef de groupe. En 1944, on était allé chercher des armes cachées chez Monsieur Morel à la Croix-Cordée et on les avait stockées chez mon père. Il n'était pas au courant, bien entendu. On en avait caché sous le "balou" (graines et poussières de foin) à côté de la "mate" (meule) de foin dans la grange. Après on devait les emmener à la Vavre. Tout était barré. Les platanes étaient versés sur la route. Quelques jours après, les allemands entourent "Vers-le-Bois" (hameau où réside la famille). Ils venaient de rafler des gens à Verjon. Ce jour là, on a vraiment eu la trouille, car on croyait qu'on avait été dénoncé... Avant de partir au maquis, on avait déjà fait dérailler un train avec d'autres membres du groupe... On était en période de couvre-feu. Le danger était perpétuel... On restait au maximum 15 jours sur un site, on avait toujours peur d'être dénoncé. On bougeait tout le temps, Dingier, Montfleur, Lassera, Marcia (Chavannes-sur-Suran), En Gaulin (vers Epy), Ecuria, Coligny,... Dans les bois d'Izernore, on avait l'intention de couper la route aux allemands, mais ils étaient arrivés avant nous... Et la bataille de Moulin-des-Ponts... C'était terrible, cette peur perpétuelle...
Mais ce qui m'a le plus marqué, c'est le décès de Monsieur Féaud, à Dingier. On était chez lui en train de boire un coup, assis à la table. Il voulait voir l'arme d'un de mes collègues. Il restait une balle dans le barillet (silence), le coup est parti. Il avait une tache de sang devant et une derrière au niveau du coeur..."