SE SOUVENIR

Mémorial de MONTLUC

DOSSIER de PRESSE

 

Vous pouvez consulter le dossier de Presse dans le fichier ci-dessous : cliquer sur "Dossier de Presse"

 

TEMOIGNAGE

 

Le Résistant lyonnais Jean Nallit a passé un mois en détention à Montluc avant d'être déporté à Buchenwald. Il raconte les souvenirs de sa détention : Cliquer ici

Une cellule au nom de Paul Strauss

 

PRISON MONTLUC : UN PEU D'HISTOIRE

 

La prison Montluc est située dans le 3ème arrondissement de Lyon, entre l'avenue Félix Faure et le cours Gambetta, face au Fort Montluc qui a été construit entre 1831 et 1835. Le Fort Montluc faisait alors partie du système de fortifications de l'agglomération lyonnaise.

 

Cette prison lyonnaise est construite en 1921. Elle sera rapidement désaffectée du fait de la diminution généralisée du nombre de détenus sous la lllème République, notamment au cours de la période 1920-1939. La prison du Fort Montluc est ainsi provisoirement fermée dès l'automne 1932. Elle est remise en service par l'administration militaire dès la fin de l'année 1939. En effet, le Parti Communiste Français étant interdit depuis septembre 1939, ses militants peuvent être incarcérés pour leurs opinions politiques et le seront dès janvier 1940, en petit nombre à Montluc, aux côtés de militaires purgeant de courtes peines pour refus d'obéissance et d'autres opposants politiques. Du début de la guerre à février 1943, les résistants arrêtés par la police de Vichy sont conduits à la prison Saint-Paul et à la prison Saint-Joseph.

 

En mars 1943,le Sipo-SD s'installe dans les locaux de l'Ecole des services de santé militaire, avenue Berthelot, jusqu'au bombardement allié de mai 1944, qui détruit les locaux et contraint la Gestapo à se replier Place Bellecour au 55, boulevard des Belges.

C'est la section lV (Sûreté-Police = Gestapo), dirigée par le lieutenant Klaus Barbie, qui est chargée de la lutte contre la Résistance et de la traque des Juifs. Les locaux de la Gestapo constituent un lieu d'interrogatoire redouté par tous.

 

<< Au 14 de l'avenue Berthelot, les caves des bâtiments Larrey sont transformées en cellules réservées aux prisonniers à la suite d'interrogatoires. Et chacun subit le parcours habituel dès l'arrestation :

  • Ordinairement, tôt le matin, une traction-avant noire s'arrête devant le domicile de la personne recherchée. La gestapo se présente chez lui et lui intime l'ordre de la suivre.
  • En arrivant avenue Berthelot, le détenu est introduit dans une salle au rez-de-chaussée où d'autres détenus se trouvent. Il doit se tourner contre le mur assis sur un tabouret.
  • L'interrogatoire se déroule dans un bureau au premier étage et au second. Il constitue la période cruciale. Attachée à une chaise, la victime, les mains liées derrière le dos ; presque toujours, dès que les questions ne reçoivent pas de réponse ou une réponse fausse, elles sont ponctuées de coups de poing au visage, de matraques sur tout le corps. Très rapidement, les interrogatoires en viennent à des méthodes plus cruelles : immersion dans une baignoire d'eau froide ou des bains de pieds brûlant, flagellation, ...
  • Le détenu, fatigué, épuisé, est poussé dans une voiture cellulaire et envoyé à la prison militaire de Montluc, où il s'écroule, appréhendant un nouvel interrogatoire.>>

 

A partir du 17 fevrier 1943, la prison de Montluc est réquisitionnée par la Wehrmacht qui en prend le contrôle. Les lois promulguées par l'Allemagne dès 1940 lui permettent, en territoire occupé, d'arrêter et d'emprisonner toute personne suspectée de nuire au intérêts du Reich et de ses armées. Ainsi, dès le printemps 1943, la prison lyonnaise, administrée par l'armée allemande, sert à interner des Résistants, des otages et des Juifs en attendant de les déporter vers les camps.

 

Les Juifs, notamment, seront emprisonnés dans une "baraque"sommaire en bois installée dans la cour. Seront aussi internées des personnes arrêtées pour marché noir, les droits communs. Fin 1942-début 1943, les arrestarions se multiplient. Le phénomène de sur-population s'accentue au fil des mois. Les détenus sont entassés jusqu'à 9 dans des cellules prévues pour une seule personne.

 

Les hommes et les femmes sont séparés. Les conditions de détention sont à peine imaginables. Les différents récits des survivants décrivent la saleté, la vermine qui ronge le quotidien des détenus. Tous les espaces de la prison sont utilisés pour enfermer des personnes. Elles sont parquées "au parloir", "au réfectoire", à l'atelier, au magasin, ....

 

L'exiguïté favorise pour communiquer les uns avec les autres, parfois avec l'extérieur, échanger des nouvelles avec les derniers arrivés.

 

La plupart du temps, après interrogatoire, juifs et résistants sont exécutés sans jugement. Les détenus savent que l'appel du matin << SANS BAGAGE>> signifie l'exécution aux alentours de l'agglomération de Lyon, alors que celui de <<AVEC BAGAGES>> annonce la déportation vers les camps de concentration établis en Allemagne et dans les pays asservis par les Nazis.

 

La prison de Montluc occupe une place centrale dans la persécutin des Juifs et des Résistants à Lyon et dans sa région : 8000 personnes ont été internées, 3000 ne sont pas revenues. Elle constitue un lieu d'internement entre l'arrestation et le transfert au camp de Drancy, d'où partent les convois vers les camps de la mort.

Ainsi Montluc n'est pas une prison où l'on purge une peine, comme en temps de paix. C'est un rouage du système de répression du lllème Reich, qui a pour objectif d'annihiler toute résistances politiques et armées et poursuit le but final de l'extermination des <<sous-hommes>> selon les théories raciales développées par le régime nazi.

 

6 juin 1944, les alliés débarquent sur les plages de Normandie. La résistance est de plus en plus active. La répression allemande s'intensifie. Dans la région lyonnaise et ses alentours, les exécutions sommaires de détenus se multiplient. Au cours de l'été 1944, 682 personnes internées à Montluc sont massacrées.

 

24 août 1944 : la prison est libérée, dix jours avant la ville de Lyon.

 

Dès le 7 septembre, la prison est occupée par des collaborateurs en attente de comparution devant la Commission de criblage et par des individus poursuivis dans le cadre de procédures criminelles. Les suspects de la collaboration avec l'ennemi sont jugés par la Cour de Justice de Lyon qui va fonctionner jusqu'en 1951. En 1954, la prison de Montluc abrite toujours d'anciens collaborateurs, ainsi que des membres de la gestapo en attente de jugement. La prison accueille ensuite diverses populations carcérales comme des objecteurs de conscience ou des femmes.

 

En février 2009, le site, considéré comme vétuste, est désaffecté et les dernières femmes détenues sont transférées vers les établissements pénitentiaires de Roanne et de Saint-Etienne

 

LA PRISON MONTLUC DEVIENT UN MEMORIAL :

 

En 2009, les 3 prisons de Lyon : Montluc, Saint-Paul et Saint-Joseph sont désaffectées au profit d'établissements construits à proximoté de Lyon.

A le demande de Jacques Gérault, préfet de la région Rhône-Alpes, les services de l'Etat protègent une grande partie du site de Montluc au titre des monuments historiques ; souhait porté depuis plusieurs années par les associations.mémorielles et combattantes, notamment, les rescapés de Montluc.

En mai 2009, le préfet de région met en place un comité de pilotage qui rassemble les principales associations de résistants et déportés, les services de l'Etat et le centre d'histoire de la résistance et de la déportation. Ce comité est chargé de mener une réflexion sur la mise en valeur du lieu, afin de témoigner de la violence et de la répression nazie exercée à Lyon.

 

Le Mémorial de Montluc a été inauguré le 21 juin dernier par Fronçois Fillon, Premier ministre.

 

Le 14 septembre, Hubert Falco, secrétaire d'Etat à la Défense et aux Anciens Combattants, a officiellement ouvert le site au public.

 

UNE CELLULE PAUL STAUSS

 

La cellule portant le numéro 11, située au rez-de-chaussée du mémorial est dédiée à Paul Stauss, raflé à la ferme de Saint-Germain le 19 mai 1944 au matin. Emprisonné à Montluc, puis conduit à Drancy, il sera embarqué à Auschwitz le 30 juin. Il sera affecté au camp de Monovitz (Auschwitz3), un camp où l'extermination se faisait par le travail forcé au service de la société de produits chimiques"IG Farben", dans un camp de terrassement. Atteint de dysenterie, de désespoir, il se jette sur les barbelés électrifiés. Il se brûle gravement à la poitrine, aux mains et au ventre. Lors de l'évacuation du camp, vers le 20 janvier, les malades sont abandonnés sans nourriture et sans soins. Quand les troupes soviétiques arrivent pour libérer le camp, Paul Strauss est dans le coma. Il mourra le 1er février 1945. Il a 24 ans.

Berthe Bloch, son épouse, enceinte de 8 mois, est emmenée au fort de Montluc. Elle sera interrogée, puis relâchée.

5 personnes seront abattues dans la ferme au cours de la rafle. Une seule parviendra à s'échapper..

 

Le site est ouvert sur réservation au 04 78 27 15 61.