Claudette MARION nous a quitté

Née le 14 août 1936, Claudette sera l'unique enfant de Raymonde et Henri Guillermin. Elle grandira dans la ferme familiale au hameau du Carouge et passera une enfance simple, avec en toile de fond la guerre et ses années de tourmente. Comme beaucoup d'enfants à cette époque, chaussée de sabots de bois, elle fera, avec ses copines, le trajet jusqu'au bourg du village à pied, et souvent plusieurs fois par jour. Le matin, c'était pour aller à l'école communale, le soir, pour aller aux vêpres, le dimanche, pour aller à la messe, sans oublier le catéchisme.

Elle n'a que 14 ans quand sa maman a un accident qui la laissera handicapée. Elevée comme un garçon, Claudette fera le travail d'un homme, manier la fourche, la pelle, le sarcloir, traire les vaches à la main, porter le lait à la fromagerie. Elle ira aussi récolter les fougères au Villard (hameau de Saint-Etienne-du-Bois), labourer, soit avec la mule, soit avec les chevaux.

Le 11 avril 1959, elle prend pour époux Gilbert Marion et le jeune couple vient s'installer dans la ferme familiale au Carouge. L'espace est restreint. Trois générations se partagent trois pièces. Claudette et Gilbert feront valoir la ferme avec beaucoup de ténacité. Ils auront le bonheur de voir leur famille s'agrandir avec deux enfants, Jocelyne et Christian qui leur donneront huit petits-enfants. Avec beaucoup de peine et de sueur, la ferme évolue.

En 1994, Claudette perd son papa et en en 1996, elle enterre sa maman le jour de ses 60 ans.

L'heure de la retraite arrive, mais la maladie n'est pas loin. Très entourée par son mari et ses enfants, elle vivra sa maladie sous son toit, aidée par le personnel soignant qui sera un soutien immense pour ses proches.

Dimanche 20 novembre, Claudette Marion "s'éteint comme un feu s'éteint après un long hiver" (parole de ses enfants).

 

 

 

De sa petite enfance, Claudette Marion gardera le souvenir de moments de partages et de rigolades lors des innombrables trajets entre la maison et l'école. Malgré sa charge de travail, elle était toujours souriante et pleine d'entrain, elle ne laissait personne indifférent. Si les dimanches étaient les seuls jours où le couple pouvait s'évader, aller à la pêche ou pique-niquer avec les enfants, elle apportait du bonheur au quotidien.

Bénévole au sou des écoles, personne n'a oublié sa joie de vivre, son immense sourire, ses éclats de rire, et les chansons qu'elle chantait avec beaucoup de plaisir. Claudette aimait la vie, aimait les gens, aimait recevoir. Chaque visiteur était toujours accueilli avec le café et un gâteau. Elle mettait toujours les petits plats dans les grands pour recevoir, et savait tirer profit de tout ce que la nature peut nous donner. Les années de disette lui avaient appris à ne rien gaspiller.

Chaque personne qui l'a côtoyée gardera le souvenir d'une personne vraie, d'une personne qui savait ce que veut dire le mot "aimer".